Se développer quand on se lance dans l'entrepreneuriat : les subventions

Un des aspects majeurs et difficiles quand on crée son entreprise, c’est financer son développement. C’est un frein pour beaucoup d’entrepreneurs, à juste titre. B.Between a interviewé Étienne Lebert, accompagnateur d’entrepreneurs sur le plan financier, expert des différentes possibilités de financements et un super partenaire de B.Between. 

 

Pouvez-vous vous présenter et présenter les dispositifs ? 

Juriste en droit des affaires, j’ai travaillé dans plusieurs banques pendant 20 ans, avec des portefeuilles d’entreprises, de la PME au grand groupe.  J’ai ensuite créé ma société HEMERA CONSULTING où je développe des activités d’accompagnement des entrepreneurs vers le développement, en cherchant aussi à ce qu’ils aient les clés de leur financement pour qu’ils puissent accéder au meilleur niveau de dialogue avec leurs banques. J’ai ensuite acheté des entreprises et suis devenu entrepreneur. J’ai aussi participé, en 2008, à la première session de lancement du premier vrai dispositif de la Région IDF décliné ensuite en 3 dispositifs :

  • PM’UP (jusqu’à 250 K€ sur 3 ans), successeur des FRAC qui faisaient l’objet de nombreuses critiques (montant faible, “one shot”, saupoudrage, etc....).

  • Plus tard, la Région a créé Tp’Up (jusqu’à 55 K€ sur 18 mois), réservé aux TPE.

  • Plus récemment, la Région a lancé Innov’up (Prêt + avances remboursables + subvention jusqu’à 7 ans), avec BPIFRANCE comme partenaire.

 

Quel type de projet aidez-vous ? 

D’abord, c’est la Région qui les aide et choisit les dossiers lauréats pour leur qualité, leur pertinence et l’efficacité directe et indirecte sur l’emploi et la croissance (PIB, export, valeur ajoutée). Elle le fait par l’intermédiaire d’un jury d’experts. L’Etat a d’ailleurs appliqué les mêmes méthodes pour son plan de relance après la crise sanitaire.

Pour ma part et c’est mon rôle, j’accompagne l’entrepreneur pour réaliser le meilleur dossier possible, en accord total avec lui. Dès le départ, je travaille aussi sur la manière dont l’entreprise va pouvoir financer l’ensemble du projet, dont l’aide ne finance qu’environ 30 %. Le dossier lauréat peut être modifié en cours de route si les conditions ont changé, pourvu que la Région en soit informée et donne son accord.

Quelques exemples :  

  • Une entreprise de vente par correspondance de produits de bien-être a le projet de passer à la vente par le mode e-commerce. Pour cela, elle doit créer un nouveau site internet, multilingue, recruter de nouveaux collaborateurs et investir en marketing pour renforcer l’image de ses produits.

  • Une TPE, créée en 2014, exportatrice et innovante, qui possède  un marché de niche mondial, a le projet de compléter ses investissements, de recruter des cadres et d’augmenter ses capacités de test. Grâce à PMUP, elle va aussi construire (elle-même) une machine de test dont l’entreprise ne disposait pas jusqu’ici. Elle est maintenant la filiale d’un grand groupe.

  • Une PME, la société REC Electronique SARL, fabricant de cartes électroniques (91), veut doubler sa production dans les 3 ans, et créer une seconde unité de production, différente et complémentaire de la première. La réalisation du projet, lauréat d’Industrie du Futur (200 K€) et de PMUP (250 K€), a commencé. J’ai fait les 2 dossiers, et j’accompagne l’entrepreneur pour réaliser le projet important d’une valeur supérieure à 2 M€ sur 3 ans, hors immobilier.

Quels sont les prérequis ? 

Les prérequis sont de même nature pour les 3 dispositifs :

  • Les entrepreneurs qui souhaitent une croissance forte pour leurs entreprises et portent des projets de développement de nature stratégique;

  • Les entreprises doivent aussi disposer de moyens financiers suffisants pour financer le projet;

  • Avoir de bonnes chances d’aller au bout des conditions d’éligibilité sur l’effectif salarié.

 

Pourquoi les subventions régionales sont-elles importantes ? 

L’aide obtenue facilite l’obtention des crédits nécessaires pour financer l’ensemble, et elle a aussi pour effet de renforcer directement, d’un point de vue financier, les fonds propres de l’entreprise. Elles améliorent ainsi sa solidité financière, ce qui facilite le financement par le système bancaire.

 

Comment vont-elles aider les entreprises à se développer ? 

C’est une aide sélective, qui va faire progresser l’entreprise mais aussi l’entrepreneur, qui reçoit ainsi la reconnaissance de ses pairs, et va progresser dans son pilotage d’entreprise. L’aide accordée va aux meilleurs projets du moment (on peut candidater à tout moment), et tous ne seront pas lauréats. Normal, c’est l’argent de nos impôts, il doit être le plus efficace possible et c’est le jury qui décide.

 

Quel est le taux de réussite ?

Il m’est arrivé d’échouer sur des dossiers pour lesquels j’étais assez confiant, dans des circonstances parfois, où les raisons de la Région étaient peu convaincantes. Mais j’ai globalement un taux de réussite élevé, parce que je regarde chaque dossier à la fois comme un entrepreneur et aussi, et dès le départ, comme un banquier. Si les chances de succès d’un dossier ne me paraissent pas suffisantes, je préfère souvent renoncer. Toute entreprise non lauréate peut, de toute façon, recandidater sans limitation.

 

Si vous souhaitez échanger sur les subventions auxquelles vous êtes éligible, n’hésitez pas à nous contacter !